Nous avons rendu la voiture et sommes allés nous enregistrer pour notre vol de 10h05. Windhoek est la capitale de la Namibie, et pourtant l’avion qui allait nous y emmener était un avion à hélices, guère plus grand que les avions inter-îles polynésiens. Ça sentait l’aventure!Nous avons survolé des étendues désertiques pendant quasiment toute la durée du vol. Les tons rouges, les lits de rivière asséchés et les immensités vierges nous ont rappelé l’Australie. Nous avons atterri en plein milieu du désert, l’aéroport international étant situé à 40 kilomètres de la ville. Le trajet jusqu’à Windhoek nous a tout de suite donne la tonalité du séjour : des déserts immenses et des paysages sublimes. Nous avons même vu des babouins et des phacochères sur le bord de la route. L’excitation de vivre cette aventure pour les deux prochains mois était à son comble.


Windhoek, une capitale pas comme les autres

La Namibie est un pays avec une densité parmi les plus faibles au monde, la majorité de la population étant concentrée à Windhoek. Et pourtant la ville ne ressemble en rien à une capitale. Après nous être installés dans notre hôtel, nous sommes allés faire le tour des attractions touristiques, qui se résument à une cathédrale, un musée ferroviaire et un musée national dont on fait le tour en une demi-heure.La Namibie a été sous influence germanique jusqu’à la première guerre mondiale, puis elle est passée sous mandat sud-africain jusqu’à son indépendance en 1990. L’exposition du musée national relatait un évènement particulièrement marquant de son histoire, quand les Allemands ont décimé les tribus Nama et Herero. Des camps de concentrations avaient été construits dès le début du 20eme siècle.

Nous avons déjeuné dans un restaurant traditionnel proche du musée et goûté des plats typiques. On nous a suggéré un plat à base de Mopane worms, des vers grillés en sauce. Mais nos aspirations d’aventuriers ont une limite. Ça en était une… Morale de l’histoire: on ne fera jamais Koh Lanta. Notre tour de la ville s’est terminé au marché de l’artisanat où certains articles avaient plus l’air de venir des marchés balinais que locaux, mais sûrement qu’on n’y connaît pas grand chose. Nous étions surtout excités à l’idée de récupérer notre véhicule le lendemain matin. Nous nous sommes couchés tôt, et étions sur le pied de guerre quand quelqu’un de l’agence est venu nous chercher.


En route pour l’aventure

L’agence se trouvait à mi-chemin entre la ville et l’aéroport. Nous avons d’abord réglé les démarches administratives, signature de contrat et paiement, et avons passé presque deux heures à écouter les instructions pour le véhicule et poser toutes les questions qu’on avait en tête. Notre maison pour les 8 semaines à venir était un Toyota Hilux avec tente sur le toit. Comparé à notre véhicule australien, on était en mode super luxe. Vrai 4×4, hyper bien équipé avec double réservoir d’essence, un réservoir de 40l d’eau, un frigo, deux pneus de rechange, une pelle en cas d’ensablement, une tente de super qualité qui ne risquerait ni de s’envoler au premier coup de vent ni de prendre l’eau, et des boîtes hermétiques pour organiser la vaisselle et les courses. Et cette fois, après nos mésaventures du lac Frome, on n’a pas lésiné sur la sécurité, on a loué un téléphone satellite. On allait être au top!!Il nous a fallu trois heures de plus pour faire les courses et déjeuner. Puis nous avons enfin pris la route direction Spreetshoogte, à la porte du désert du Namib. A peine sortis de la ville, nous nous sommes arrêtés pour dégonfler les pneus, car on quittait déjà le bitume pour rouler sur les pistes, au milieu d’étendues vastes et sauvages aux couleurs chaudes. Les panoramas rocheux et les plaines désertiques étaient vraiment similaires à ceux du désert australien. On s’attendait presque à voir sauter des kangourous quand notre premier oryx a pointé le bout de son museau. C’était la première fois qu’on en voyait. Il était magnifique avec ses longues cornes, son pelage grisé et sa grande bande noire comme dessinée au pinceau. On était en extase devant sa démarche chevaline tandis qu’il courrait au loin pour fuir notre invasion.

Le trajet jusqu’au camping de Spreetshoogte nous a pris 2h30. Il y avait trois emplacements avec chacun son bloc sanitaire, mais nous étions les seuls visiteurs. Eff a préparé un feu, et nous nous sommes installés pour un apéro coucher de soleil, en haut de notre colline avec vue imprenable sur la plaine. Nos aventures africaines commençaient à la perfection. Nous avons pris notre temps le matin, car l’étape suivante était proche.


Parc de Namib-Naukluft et Réserve de Namib-Rand

Le parc national du Namib-Naukluft  est l’un des plus vieux déserts du monde. Son épicentre sont les célèbres dunes de Sossusvlei, que nous avons gardées pour la fin du séjour car portées par leur succès et la haute saison touristique, tous les campings affichaient complets en août. Notre dévolu pour cette étape s’est porté sur les montagnes de Naukluft, habitat idéal des zèbres de Hartmann. Ils se différencient des zèbres des plaines, les plus connus et les plus nombreux, par des rayures uniquement blanches et noires, leurs cousins ayant une alternance de brun dans leur pelage. Les paysages étaient encore a couper le souffle, et même si les animaux ne se sont pas montrés, la beauté des lieux nous suffisait. Nous sommes arrivés au camping en début d’après midi, avons installé notre tente et avons décidé de nous faire un après midi farniente à l’ombre des arbres. Ça fait du bien de se poser parfois. Le camping est plutôt bien situé mais les emplacements sont un peu trop proches les uns des autres. Heureusement il n’était pas plein ce soir là.Nous sommes partis relativement tôt car nous avions 500 kilomètres à faire pour rallier Lüderitz. Il fallait s’y habituer, kilomètres et heures de conduire allaient être notre quotidien pour le reste du séjour. Mais quand on traverse les paysages sublimes de Namibie, on ne voit pas le temps passer. Nous avons eu l’heureuse surprise de voir des zèbres de Hartmann en quittant le parc. Puis nous avons traversé la réserve du Namib-Rand pour le plaisir de nos yeux. Pendant des heures, ca a été des enchaînements de dunes rouges, jaunes, orangées, et de plaines aux teintes similaires. On passait notre temps à s’arrêter prendre des photos, rallongeant davantage notre temps de trajet. Aucun mot ni aucune photo ne peut véritablement rendre justice à ces paysages qui sont juste magiques. Quand en plus on croise occasionnellement des zèbres des plaines, des oryx et des autruches, on fait le trajet comme dans un rêve.La réalité nous a quand même rattrapés quand nous nous sommes rendus compte que nous avions été trop lents. Nous avons donc décidé de rouler sans s’arrêter sur les 200 derniers kilomètres de route bitumée. Seuls les chevaux sauvages du Namib nous ont fait faire une entorse à notre règle. Ils étaient tranquilles le long de la route, à brouter et à profiter de la chaleur du soleil couchant.

Nous sommes enfin arrivés à destination, fatigués et fourbus de notre longue journée de conduite, mais enchantés par ces premiers pas en Namibie.

 


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