Arkaroola est à 200 kilomètres au nord-est du parc de Ikara-Flinders ranges. On oublie les routes goudronnées pour y accéder, il n’y a que des pistes. Ça tombe bien, c’est ce qu’on préfère, ça fait plus outback et aventuriers. La ville majeure entre Flinders et Arkaroola s’appelle Blinman. Il s’agit d’une ville digne du far-west, avec seulement quelques échoppes dans la rue principale, et un vieux cimetière où sont enterrés les premiers colons et explorateurs. On y a quand même dégoté un super café et le meilleur pain de tout le séjour. On en salive encore aujourd’hui en machant pendant des heures le pain allemand acheté à Windhoek… Mais je dérive, retournons à Blinman. Le seul “détail” que nous n’y avons pas trouvé c’est de l’essence, et il nous en fallait absolument pour arriver jusqu’à destination. Résultat des courses, on a dû faire un détour de 60 kilomètres aller-retour dans la direction opposée pour trouver notre bonheur. Être loin de tout, ça demande de l’organisation et du pragmatisme parfois. Les paysages étaient vraiment différents de ceux de Flinders: encore plus secs et arides, une végétation qui se rarefiait, et des pistes sablonneuses à perte de vue. C’était brut, sauvage, magnifique.Nous sommes arrivés au Arkaroola Wilderness Sanctuary dans l’après-midi. Ici il y a juste un restaurant, une mini-supérette, une pompe à essence, quelques sites de camping et des petits chalets pour les visiteurs. La différence de prix étant minime, nous avons pris 2 nuits dans un de ces chalets. Ça sonne chic, c’était une chambre minuscule dans une cahute avec un toit en tôle ondulée, avec 2 lits simples mais propres et confortables. On était content, ça nous changeait de la tente froide sur le toit de la voiture. Ça m’a tellement changé que j’ai fait des miennes en nous enfermant à l’extérieur en allant à la douche. Eff me demande si j’ai les clés, je réponds oui et lui montre… les clés de la voiture. Oups! Forcément ça ne l’a pas fait rire, il est parti se doucher en me laissant gérer la situation. Il a fallu que je surpasse ma nouvelle phobie de la conduite quand je ne suis rendue compte que mon sens de l’orientation (inexistant) ne me ramènerait jamais à la réception, et me voilà partie à la recherche d’un double. Bref, j’ai réussi à avoir le seul double de ce chalet, et on a pu reprendre le cours de nos activités. Ça énerve Eff ce genre d’aventures, moi je trouve que ça met du piment, même si je le fais pas exprès. On passera sous silence la fois où on a fait 30 kilomètres au Japon pour retourner sur une aire de repos où j’avais laissé mon sac à main, la fois où j’ai laissé mon téléphone dans des toilettes, et aussi celle où j’ai (encore) laissé mon sac dans un café en Australie. Ça fait trop de piment pour Eff…

Pour changer aussi, nous avons décidé de dîner au restaurant, c’était soirée barbecue. Avant l’apéro, nous sommes allés voir les yellow-footed wallabies qu’on avait cherchés à Sacred Canyon. A Arkaroola, ils sont nourris. Nous n’étions pas du tout excités par cette idée, et condamnons souvent cette pratique quelque soit l’endroit où nous allons. Au moins ici ce n’était pas payant. L’expérience s’est avérée acceptable, parce qu’on a vu plusieurs de ces wallabies en voie de disparition, mais ça reste moins sympa que de voir les animaux dans la nature. Les gérants du domaine ont expliqué qu’ils ont commencé à les nourrir à cause de la sécheresse qui dure depuis 3 ans, pour s’assurer de la survie de l’espèce. Au vu des conditions difficiles dues à la chaleur et au manque critique d’eau dans la région, ça semble être une explication raisonnable. Ils pourraient juste éviter d’en faire une attraction touristique. Enfin je dis ça, je dis rien… Nous avons pris quelques photos en bon touristes que nous sommes (quand même), et avons filé prendre un verre. Il y a des priorités dans la vie!! Le dîner a été moyen. Le seul avantage était de ne pas avoir de cuisine ni de vaisselle à faire. Nous sommes retournés dans nos pénates, en admirant encore une fois le ciel étoilé. Il y a un observatoire astronomique à Arkaroola, des visites sont organisées chaque soir, mais nous avons fait nos fainéants et avons préféré aller nous coucher.

Nous nous sommes réveillés tôt pour aller à notre excursion de la matinée : un tour en 4×4 de 4 heures pour explorer le sanctuaire. Il y avait 2 personnes de trop pour le groupe, nous nous sommes portés volontaires pour le tour de l’après midi. Le guide a eu des arguments forts: la lumière serait plus belle, et il y aurait moins de participants. Deux groupes de 10 personnes, ça faisait effectivement beaucoup pour nous. A la place, nous sommes allés faire une lessive, ce qui à défaut d’être amusant, était plus que nécessaire. Puis, nous somme allés voir des vestiges d’une mine d’or, ce qui était l’occasion de s’essayer aux vrais chemins 4×4 avec notre voiture. La route était un peu cahotique, mais on s’en est bien sorti. Le site historique était quant à lui à l’australienne. Ils ont tendance à sur-vendre leurs vestiges, car notre mine d’or était en fait deux pauvres cabanes en ruine. Ça nous a fait un bon spot pour pique-niquer et nous avons fait demi tour pour aller faire notre excursion.Le guide n’avait pas menti nous étions seulement six personnes pour le tour de l’après-midi. Assis et ceinturés à l’arrière d’un pickup 4×4, nous sommes partis pour 4h d’aventures sur une ancienne piste de prospection minière. Âmes sensibles s’abstenir ! Très rapidement, la piste suit la crête des montagnes,  les pentes sont raides et caillouteuses, et les précipices impressionnants. On se tenait bien accroché, ballotés de tous les côtés. On a bien compris pourquoi cette piste était interdite au public ! Les paysages étaient époustouflants, et les dégradés de rouge, jaune et vert magnifiques. “Jésus Christ” notre guide et chauffeur nous a donné des tas d’informations intéressantes sur la géologie et les explorations d’uranium, passées et présentes, de la région. Ses connaissances ont été mises à l’épreuve par un géologue professionnel du groupe, qui accessoirement nous a bien saoulé avec les pierres qu’il avait ramassées partout et qui nous ont roulé sous les pieds pendant tout le trajet du retour… Il nous a fallu deux heures pour arriver au Sillers lookout, où nous nous sommes arrêtés boire un thé et nourir quelques euros. La sécheresse est telle que les animaux ne rechignent pas à quelques granulés et à de l’eau quand l’occasion se présente. Nous avons fait le chemin de retour dans la lumière du soleil couchant qui accentuait encore les couleurs. Bref, c’était exceptionnel, on a adoré, et on met l’expérience dans les incontournables du coin.Nous avons dîné et profité une dernière fois du magnifique ciel nocturne d’Arkaroola. Le temps de ranger les affaires, prendre un café, et faire le plein, nous sommes repartis vers 10h, pour faire une dernière ballade dans la gorge de Bararranna. Le soleil était brûlant, et nous avons encore une fois pris la mesure de la sécheresse. Les arbres n’avaient plus beaucoup de feuilles, les points d’eau étaient secs, la poussière recouvrait tout, et les cadavres de kangourous jonchaient le sol. La nature est belle, mais c’est une beauté sauvage, aride et difficile.

Nous avons ensuite repris la piste pour notre prochain arrêt, le headquarter du parc national Vulkathunha-Gammon Ranges, qui allait être notre base pour le soir, avant notre escapade au lac Frome.

 


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Nice pictures, but French narratives:(

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It is for you to practice your French 🙂

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